5 millions de touristes par an en Bourgogne

La Bourgogne possède un imposant patrimoine naturel, géologique, architectural, religieux et culturel qui en fait une région privilégiée en matière de tourisme. La carte de la Bourgogne est émaillée d’abbayes, de cathédrales, de châteaux, de musées, de sites historiques incontournables (Hospices de Beaune, Clos de Vougeot…) de villages pittoresques, d’étonnants vestiges, de vignobles, de caves, de restaurants traditionnels et gastronomiques. Cinq millions de personnes arpentent la Bourgogne chaque année, sillonnent ses routes, visitent ses sites incontournables, s’arrêtent pour observer la richesse et la diversité de ses paysages. La Bourgogne est une région qui mérite bien plus qu’un passage. Ce carrefour offre à qui veut s’y promener, à qui veut en voir et en savoir plus, une pléthore d’histoires et de rencontres. La Bourgogne offre une mosaïque d’expériences originales.

2000 ans en Bourgogne

La Bourgogne est mondialement réputée pour son vignoble vieux de 2000 ans. Les amateurs de vins du monde entier lui reconnaissent une grande finesse et une diversité tendant vers l’excellence. Des fouilles menées en 2009 autour du village de Gevrey-Chambertin montrent que la viticulture en ce lieu remonte à l’époque Gallo-romaine, au premier siècle de notre ère. Déjà les Romains avaient saisi que les sols de cette région se prêtaient à la culture de la vigne.

Un carrefour d’histoire

La Bourgogne est un carrefour de l’histoire et de la culture du continent européen qui a vu passer les Gaulois, les Romains, les Burgondes, les Francs, les Carolingiens, des rois, des princes et des ducs…La liste est longue! La Bourgogne a été consécutivement un royaume, un duché, un comté, allant jusqu’à s’étendre de l’Espagne au sud, de l’Angleterre à l’ouest et de l’Italie jusqu’aux Flandres (du temps de Jean sans Peur et Charles le Téméraire, au XVème siècle).

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Paris/Beaune

Les « Climats » de Bourgogne

Les « climats », voici le nom que les bourguignons donnent à leurs terroirs viticoles. Cette traduction singulière acquiert ici un sens très différent et plus large que celui qui est habituellement lié aux conditions météorologiques.

 

Le terme « climat » est employé et attesté depuis le XVIème siècle. Le « climat » désigne alors une parcelle ou un ensemble de parcelles de vignes, connues sous le même nom depuis plusieurs siècles. Ainsi, l’emplacement précis, le sol, le sous-sol, l’exposition, le micro-climat, et tout particulièrement l’histoire de ces parcelles forment au sein du vignoble la personnalité unique d’un terroir et d’un vin, leur identité naturelle et culturelle propre. L’identification de certains « climats » encore exploités à ce jour remonte jusqu’au VIème siècle après J-C. Des abbayes bourguignonnes (Cluny, Cîteaux, Saint-vivant…) se sont chargées de continuer de délimiter méticuleusement les parcelles de vignes. L’ensemble constitue une véritable tapisserie, marqueterie ou encore mosaïque de parcelles, qui fait naître des vins fins et élégants à nul autre pareils.

 

Les climats de Bourgogne ont bien un sens particulier : plus qu’un terroir, les « climats » sont finalement l’aboutissement d’un lien extrêmement fort entre l’Homme et la Nature, d’une harmonie entre le sol et le travail des hommes. Au fil des siècles, les « climats » ont été ce trait d’union pérenne entre les vins et les lieux. Voilà tout ce qui distingue la Bourgogne des autres grands vignobles français et mondiaux. En Bourgogne, l’histoire des hommes se lit sur le sol. La Bourgogne des « climats », c’est donc une construction culturelle étroitement rattachée à une histoire longue de plusieurs siècles dans un lieu à la valeur universelle exceptionnelle.

 

Burgundia Tour a soutenu indéfectiblement la candidature des « CLIMATS » de Bourgogne au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Pinot Noir & Chardonnay

Philippe II de Bourgogne, dit « Le Hardi », rédige en 1395 une ordonnance qui fonde les principes du vignoble bourguignon. Tout d’abord il ordonne qu’on arrache tous les plants de Gammay de Dijon à Mâcon, dans les limites de la Bourgogne d’alors. Ce cépage donnait des vins de consommations courantes appréciés du peuple. Ces plants de Gammay avaient été abondamment plantés au Moyen-Age sur la côte de Nuits et le côte de Beaune car ils donnaient d’importants rendements, mais le Duc de Bourgogne ne voulait pas compromettre l’image qualitative de vins de Bourgogne. Philippe Le Hardi ordonna donc qu’on replantât le vignoble de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune uniquement avec du Pinot noir pour les vins rouges et du Chardonnay pour les vins blancs. Ces deux cépages originaires de Bourgogne représentent environ 80% des vignes plantées aujourd’hui.

 

La fin du XIVème siècle signe donc le mariage de la Bourgogne à son cépage de prédilection: le « noble » pinot noir. La culture du pinot noir est fragile et capricieuse mais la qualité des vins issus de ce cépage est nettement supérieure. L’influence des sols, des sous-sols et des terroirs, était déjà connue. Les moines cisterciens ont poussé cette connaissance et sa culture jusqu’à délimiter des parcelles selon leur rendement, selon la typicité du vin qu’elle pouvait produire. Un certain nombre de ces parcelles n’a pas changé d’un mètre jusqu’à ce jour. La réputation des vins de Bourgogne prend un réel essor dans la foulée de ce changement majeur de culture. Les vins étaient conservés dans des tonneaux à cette époque – la révolution de la bouteille n’arrive qu’au XVIIIème siècle, le vin s’oxydait alors rapidement. Il était souvent bu dans l’année. Un vin de plus d’une année était considéré comme « vieux » et parfois servait même de remède médical. Les techniques et le savoir-faire des vignerons ont également nettement augmenté la qualité de leurs vins.

 

Le Chardonnay est le cépage de prédilection pour les vins blancs de Bourgogne. Ce cépage est moins exigeant que le pinot noir. Il s’adapte mieux à la chaleur et aux différents climats. Ce cépage est cousin du pinot noir: issu de pinot noir et de Gouais. On le retrouve en Bourgogne principalement dans le Chablisien, sur le Côte de Beaune et sporadiquement sur les autres vignobles de Bourgogne. On le retrouve en France dans de nombreuses régions: la Champagne, le Val de Loire, le Languedoc, le Jura… Ce cépage, devenu international, a conquis de très nombreux pays producteurs de vins, mais garde en Bourgogne un potentiel qualitatif très élevé. Certains villages de Bourgogne ont gagné une renommée par-delà les frontières : Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne, Givry, Saint-Aubain… Certains grands crus de la Côte de Beaune, issus de climats exceptionnels, résonnent aux oreilles de tous les amateurs de vins blancs comme l’expression de l’excellence du Chardonnay : Corton, Corton-Charlemagne, Montrachet, Chevalier-Montrachet, Bâtard-Montrachet…

Autres cépages minoritaires

En Bourgogne il reste toujours un peu de gamay, qui préfère les terres sableuses et granitiques, c’est à dire le contraire des sols argilo-calcaires de Dijon à Santenay. Il y a aussi de l’aligoté: ce vieux cépage très vigoureux de Bourgogne a la même lignée que le chardonnay. Dans certains lieux on trouve quelques rangs ou ceps de vignes de pinot gris, sauvignon ou pinot blanc (pour des vignes plantées avant la loi des Appellations d’Origines Contrôlées en 1936). Des ceps de Melon et de Sacy existent encore en quantités infimes.

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Philippe II de Bourgogne,
dit « le Hardi »

« Des Abbayes et des Moines »

Les moines en Bourgogne: 10 siècles de culture de la vigne

Du VIème au XVème siècle, à une époque où le christianisme est en plein essor dans toute la France, ce sont des moines qui codifient, professionnalisent et travaillent la vigne en Bourgogne. Ces moines bénédictins et cisterciens ont reçu en don de nombreuses terres de la part de la noblesse. Plusieurs communautés religieuses établissent de grands domaines, achètent également de nouvelles parcelles et font progresser la viticulture. Ces moines ont été d’admirables vignerons. Le vin, cette boisson sacrée symbolisant le sang du Christ, est un élément incontournable dans la célébration des rites chrétiens. Leur objectif était de produire le meilleur vin de la chrétienté.

 

À partir du XVème siècle, les vins de Bourgogne sont consommés à travers l’Europe sous le règne des puissants Ducs de Bourgogne. Instruments de pouvoir et de prestige, les vins de Bourgogne deviennent progressivement un atout politique et économique majeur. Des abbayes comme Cîteaux, Cluny, Saint-Vivant de Vergy, veillent à perpétuer l’excellence de leur production, leur savoir-faire viticole unique ainsi qu’entretenir leur renommée. Dans ces abbayes et ces monastères les méthodes rigoureuses des moines s’intéressent à tailler la vigne, comparer et sélectionner les cépages, distinguer, classer et nommer les parcelles suivant la qualité des vins qu’ils produisaient, conserver les vins … Leur savoir faire s’est transmis et amélioré au fil du temps pour nous laisser en héritage, comme tatoué sur le sol, une myriade de « clos » et une marqueterie de « climats ». Voici un trésor à préserver et à transmettre : l’héritage des moines de Bourgogne.

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